L'impact économique des logiciels "libres" ou "open-source"
Par Fibo,
lundi 30 avril 2007 à 07:31 :: Publications, Etudes & Notes
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:::: Tags: logiciel libre
, open-source
Eternel balancier : alors que l?informatique en entreprise n?avait pu atteindre sa maturit� que par la g�n�ralisation de l?usage de programmes et de progiciels achet�s tout faits, voil� que se fait jour de fa�on de plus en plus insistante un mouvement inverse, dans lequel les entreprises reprennent en main une partie des d�veloppements. Mais, �l�ment nouveau et capital, ce retour au d�veloppement se traduit souvent par l?abandon partiel du mode �propri�taire�, dans lequel l?�diteur du logiciel (Microsoft, Oracle, SAP pour n?en citer que quelques-uns) ou l?entreprise elle-m�me reste l?auteur et le propri�taire exclusif du logiciel. Abandonn� le mode propri�taire, bonjour le mode �Open Source� !
Aux tout premiers d�buts de l'informatique, chacune des quelques entreprises qui disposait de l'un des rares ordinateurs disponibles d�veloppait ses propres programmes de gestion ou de calcul, les constructeurs informatiques livrant eux leurs machines avec leur logiciel d'exploitation.
Des logiciels sp�cifiques "ferm�s" aux logiciels "ferm�s" sous licence
Dans ce partage des t�ches, chaque entreprise �crivait donc une comptabilit�, une gestion client, une facturation, etc.: les seuls logiciels "mutualis�s" �taient les logiciels d'exploitation sp�cifiques � chaque mod�le d'ordinateurs.
Les choses �volu�rent ensuite vers une plus grande mutualisation :
Tout d'abord l'unbundling d�cid� aux Etats-Unis dans le contexte de la lutte contre le monopole d'IBM, c'est-�-dire la vente s�par�e du mat�riel (l'ordinateur) et du logiciel qui auparavant �taient vendus de fa�on indissociable.
Puis dans la possibilit� d'acheter, bon gr� mal gr�, divers logiciels : syst�mes d'exploitation, utilitaires, syst�mes de gestion de bases de donn�es, programmes de gestion?
Les entreprises ont alors progressivement r�duit leurs d�veloppements propres, pr�f�rant recourir aux logiciels "commerciaux" pour consacrer leurs d�veloppements � des activit�s g�n�ratrices de diff�rentiation plut�t qu'� des activit�s standardis�es o� de toute fa�on le contexte r�glementaire limite fortement les variations possibles (comptabilit�, paie, gestion commerciale?).
L'�tape suivante a �t� l'apparition des programmes tels que SAP, les programmes ERP (Enterprise Resource Planning), o� cette fois les fonctions de l'entreprises �taient mutualis�es.
Au final, les grandes entreprises se sont toutes retrouv�es avec des syst�mes informatiques tr�s semblables : mainframes IBM, serveurs Unix, syst�me de gestion de base de donn�es Oracle ou DB/2, ERP SAP ou Peoplesoft (aujourd'hui filiale d'Oracle), stations Sun, postes clients Windows, suite bureautique Microsoft Office, chacun de ces �l�ments repr�sente plus de 30 � 50% de son segment de march�!
La tentation �tait alors tr�s forte, pour les diff�rents fournisseurs, d'utiliser de la position de force que leur permet leur quasi-monopole (Voir �galement par Bruno Lemaire et Bruno Decroocq, Microsoft pris dans la toile? chronique d'une mort annonc�e ?)
Des logiciels propri�taires sous licence aux logiciels "open source" Cette situation commence � �tre mal support�e par leurs clients, et notamment les plus grands d'entre eux : ce sont eux qui paient les plus grosses factures, et leur poids �conomique leur permet de parler sur un pied d'�galit� avec ces fournisseurs.
Aussi commencent-ils � envisager de plus en plus s�rieusement de revenir � une strat�gie de d�veloppements sp�cifiques - c'est-�-dire sp�cialement orient�s vers leur m�tier -, qu'ils financeraient eux-m�mes �ventuellement en mutualisant leurs efforts avec d'autres partenaires ou concurrents, voire en recourant � l'Open Source.
Des logiciels libres � licence gratuite
Les logiciels Open Source correspondent � un contexte juridique pr�cis mais pour simplifier on peut le r�sumer en plusieurs conditions simultan�es:
Si l'utilisateur fait des modifications au texte des programmes, ces modifications deviennent elles-m�mes publiques et disponibles pour la communaut�.
Ces logiciels, malgr� la gratuit� de leur licence, sont d'une qualit� tr�s souvent comparable aux logiciels du commerce, comme le montrent deux exemples parmi bien d'autres :
La relocalisation des revenus du logiciel
Le d�veloppement du recours � l'Open Source g�n�re quelques �conomies pour les entreprises utilisatrices par rapport � la situation habituelle d'achat de licences � des �diteurs et � l'adaptation r�alis�e par des SSII a priori locales.
Mais l'�conomie n'est pas totalement �gale � celle du co�t des licences, car l'entreprise aura g�n�ralement besoin de d�veloppements compl�mentaires, sup�rieurs � ceux qu'elle aurait en adoptant une solution propri�taire : l'importance de l'impact se situe en fait sur la destination des achats correspondants. Dans le cas classique ils vont en grosse partie vers l'�diteur de logiciel, dans le cas Open Source ils vont pour l'essentiel vers la SSII "de proximit�".
A cause de ce risque de "transfert de revenus", on comprend mieux certains enjeux du march� du logiciel, comme par exemple:
Des logiciels sp�cifiques "ferm�s" aux logiciels "ferm�s" sous licence
Dans ce partage des t�ches, chaque entreprise �crivait donc une comptabilit�, une gestion client, une facturation, etc.: les seuls logiciels "mutualis�s" �taient les logiciels d'exploitation sp�cifiques � chaque mod�le d'ordinateurs.
Les choses �volu�rent ensuite vers une plus grande mutualisation :
Tout d'abord l'unbundling d�cid� aux Etats-Unis dans le contexte de la lutte contre le monopole d'IBM, c'est-�-dire la vente s�par�e du mat�riel (l'ordinateur) et du logiciel qui auparavant �taient vendus de fa�on indissociable.
Puis dans la possibilit� d'acheter, bon gr� mal gr�, divers logiciels : syst�mes d'exploitation, utilitaires, syst�mes de gestion de bases de donn�es, programmes de gestion?
Les entreprises ont alors progressivement r�duit leurs d�veloppements propres, pr�f�rant recourir aux logiciels "commerciaux" pour consacrer leurs d�veloppements � des activit�s g�n�ratrices de diff�rentiation plut�t qu'� des activit�s standardis�es o� de toute fa�on le contexte r�glementaire limite fortement les variations possibles (comptabilit�, paie, gestion commerciale?).
L'�tape suivante a �t� l'apparition des programmes tels que SAP, les programmes ERP (Enterprise Resource Planning), o� cette fois les fonctions de l'entreprises �taient mutualis�es.
Au final, les grandes entreprises se sont toutes retrouv�es avec des syst�mes informatiques tr�s semblables : mainframes IBM, serveurs Unix, syst�me de gestion de base de donn�es Oracle ou DB/2, ERP SAP ou Peoplesoft (aujourd'hui filiale d'Oracle), stations Sun, postes clients Windows, suite bureautique Microsoft Office, chacun de ces �l�ments repr�sente plus de 30 � 50% de son segment de march�!
La tentation �tait alors tr�s forte, pour les diff�rents fournisseurs, d'utiliser de la position de force que leur permet leur quasi-monopole (Voir �galement par Bruno Lemaire et Bruno Decroocq, Microsoft pris dans la toile? chronique d'une mort annonc�e ?)
Des logiciels propri�taires sous licence aux logiciels "open source" Cette situation commence � �tre mal support�e par leurs clients, et notamment les plus grands d'entre eux : ce sont eux qui paient les plus grosses factures, et leur poids �conomique leur permet de parler sur un pied d'�galit� avec ces fournisseurs.
Aussi commencent-ils � envisager de plus en plus s�rieusement de revenir � une strat�gie de d�veloppements sp�cifiques - c'est-�-dire sp�cialement orient�s vers leur m�tier -, qu'ils financeraient eux-m�mes �ventuellement en mutualisant leurs efforts avec d'autres partenaires ou concurrents, voire en recourant � l'Open Source.
Des logiciels libres � licence gratuite
Les logiciels Open Source correspondent � un contexte juridique pr�cis mais pour simplifier on peut le r�sumer en plusieurs conditions simultan�es:
- Le code source, le texte des programmes, est publi�, ce qui est tr�s diff�rent des logiciels "propri�taires" dont l'�diteur ne vend qu'une licence d'usage du code compil�, qu'il est interdit de "lire" et d'en comprendre les d�tails, bons ou mauvais, ni donc d'en auditer la s�curit�.
- L'utilisation de ces programmes se fait g�n�ralement gratuitement,
Si l'utilisateur fait des modifications au texte des programmes, ces modifications deviennent elles-m�mes publiques et disponibles pour la communaut�.
Ces logiciels, malgr� la gratuit� de leur licence, sont d'une qualit� tr�s souvent comparable aux logiciels du commerce, comme le montrent deux exemples parmi bien d'autres :
- sur le secteur des serveurs web, qui alimentent le surf de tous les internautes, le programme le plus utilis� est le logiciel open source Apache,
- pour les portails de publication des contenus, les administrations fran�aises sont de plus en plus nombreuses � utiliser le logiciel open source SPIP, dont elles ont en partie pay� des d�veloppements compl�mentaires.
La relocalisation des revenus du logiciel
Le d�veloppement du recours � l'Open Source g�n�re quelques �conomies pour les entreprises utilisatrices par rapport � la situation habituelle d'achat de licences � des �diteurs et � l'adaptation r�alis�e par des SSII a priori locales.
Mais l'�conomie n'est pas totalement �gale � celle du co�t des licences, car l'entreprise aura g�n�ralement besoin de d�veloppements compl�mentaires, sup�rieurs � ceux qu'elle aurait en adoptant une solution propri�taire : l'importance de l'impact se situe en fait sur la destination des achats correspondants. Dans le cas classique ils vont en grosse partie vers l'�diteur de logiciel, dans le cas Open Source ils vont pour l'essentiel vers la SSII "de proximit�".
A cause de ce risque de "transfert de revenus", on comprend mieux certains enjeux du march� du logiciel, comme par exemple:
- la lutte de Microsoft aupr�s de toutes les entreprises, et surtout des administrations publiques, pour qu'elles restent fid�les au mod�le "licence" plut�t que basculer sur l'open source
- la bataille des �diteurs de logiciels pour obtenir la brevetabilit� des programmes, ce qui aurait fait peser autant de menaces sur la libert� de cr�ation des contributeurs de l'open source (bataille finalement heureusement perdue).



Commentaires
1. Le jeudi 7 février 2008 à 18:31, par gates
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